01.10.10. Arrivée a Narita, journée grise. Sentiment partagé entre mélancolie diffuse et le plaisir renouvelé d'être ici après 2 années d'absence. L'angoisse du départ, celle plus encore de l'arrivée. Passage entre deux mondes, deux notions du temps. Décalé forcément. Shinjuku blues, trop d'ombres, de fantômes croisés ici, de ces histoires qu'on se raconte entre deux rêveries, bouquins lus ou films vus, histoires vécues aussi, amours perdus. Je me rends au café Times, vieux café fifties près de la station de Shinjuku, endroit sombre et enfumé, j'imagine les gauchistes des années 60 fumant leurs cigarettes ici, refaisant le monde. J'aime son atmosphère désuète comme figée dans un Japon en noir & blanc. Musique jazz tournant en boucle ici, comme dans la plupart des bars au Japon. Le Japon en est un des plus gros producteurs. Une rue plus loin j'entre dans un petit bar le Chigu-sa, décor d'un film d'Ozu. Première bière Asahi et une petite assiette prise au comptoir. Masques de Nô aux murs, démons grimacants, erotiques, semblant rire de ma solitude, de mon attente. L'impression de me noyer dans les flots du temps, d'un temps passé, révolu. La nuit j'erre dans les ruelles de Golden Gai, ruelles où s'entassent des petis bars de nuit, quelques bières au Kodoji, Daido Moriyama y expose parfois. Retour à mon hotel dans Kabuki-cho parmis les ombres de la nuit, croisant des flots d'happy few et de prostituées, de rabateurs et de salaryman ivres ...

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